Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /Déc /2008 21:09

Le Thalys vient du quitter Bruxelles pour m'amener sur Paris ou je dormirai ce soir.
Confortablement assis, j'observe cette femme qui s'approche à la recherche de la place qui lui a été attribuée.

Elle n'est pas grande, porte un tailleur pantalon qui lui cintre la taille ainsi que des bottines assez hautes. Une teinte rosée souligne ses lèvres, une autre couleur ses yeux en amande. Sa chevelure est disciplinée par un chignon et des lunettes colorées apportent à son allure classique, une pointe d'excentricité.
Elle s'arrête à mon niveau, me sourit en me faisant comprendre que c'est à mes cotés qu'elle va voyager.


Mon visage s'éclaire du bonheur de cette providence pendant qu'elle parque ses affaires et se glisse dans le fauteuil qui jouxte le mien.
Elle se plonge dans un livre, et moi, j'observe discrètement son reflet dans la fenêtre que la nuit tombante a transformée en miroir.


J'explore l'attitude de sa bouche, la finesse de son cou, évalue la rondeur de ses seins.
Avec le détachement de celui qui rêvasse, le regard perdu à travers la vitre, je contemple cette femme inconnue et pourtant si 'proche' pour une heure.
Forcément, à force d'agripper mes yeux à cette silhouette et ses secrets, je glisse inéluctablement vers des envies déraisonnables…

« Et si j'allais au contact...
Et si ma cuisse et mon genou allaient 'tangenter', avec une précision nanométrique, l'étoffe qui lui enveloppe les cuisses. Un 'flirt' tellement discret qu'il ne serait pour elle qu'une improbable possibilité voire une simple illusion…. »

Voilà que je flotte entre rêve et réalité, raison et déraison, bercé par le roulis de la rame de TGV, j'envisage de déraper.
Je lance ma jambe dans l'assaut invisible de la sienne, je l'approche jusqu'à sentir cette infime résistance qui signifie que nos chairs sont en pression, l'une contre l'autre.
Sa jambe n'a pas bougé, elle lève la tête mais replonge aussitôt dans le livre qui l'absorbe.
Nous restons l'un à l'autre arrimés par ce point de contact.

Forcément quand on ouvre la boite de pandore, on a du mal à la refermer…
Voilà qu'imperceptiblement, je bouge la jambe, amplifie notre zone de contact, dans une oscillation tellement faible qu'elle me paraît irréelle.
Sa jambe ne bouge pas et maintient sa position.
C'est mon avant bras que j'envoie alors en éclaireur, feignant le relâchement de celui qui se détend. Nos bras se touchent, je la sens même bouger…

Ce petit jeu a continué pendant tout le trajet qui nous a menés à la gare du nord.
Vous allez me trouver bien étrange de me laisser aller à des futilités pareilles, alors qu'en d'autres moments j'outrage avec excès.
Mais la retenue a aussi ses plaisirs, non ?
 

J'ai remonté le quai de la gare, en souriant comme un halluciné, avec une question en tête :

Est-ce qu'elle lisait vraiment ?
ou était-elle, elle aussi, une rêveuse …


Par Animal en Quarantaine - Publié dans : Romantisme
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Je suis une Légende

mheu ouiii !, seul survivant sur ce blog, mon île, avec
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et ma crise existentielle...


Millésime 66 

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