Je vais vous avouer une chose, je suis un rêveur.
J’aime les moments solitaires où je m’immerge à l’intérieur de moi pour aller caresser de secrètes rêveries.
Nager en pleine mer à 200 ou 300 mètres du bord est un moment qui se prête merveilleusement à la richesse de ces instants solitaires.
Cet infini plaisir devient hebdomadaire quand l'été pointe et que je passe mes week-ends en bord de mer.
Je me lève, je déjeune, en regardant amoureusement le calme d’une mer qui s’éveille et de ses bateaux qui partent vers les promesses d’une journée ensoleillée.
J’aime le son de la mer au matin, quand le vent est absent, que les plages sont encore vides et que seul résonne le bourdonnement lointain de quelques moteurs marins matinaux.
Vient alors le moment d’aller s’immerger dans cette eau originelle, ce sérum de vérité...
Je ne prends qu’un masque, rien de plus ! Ah si, un maillot ! je m’en voudrais que ma queue de loup complexe jusqu’à l’impuissance les mâles en chasse sur le sable des plages varoises… (Je suis
vantard et excessif, vous l’ai-je dit ?).
Donc un maillot et un masque, que je tiens d’une main quand je m’enfonce dans l’eau jusqu’à la taille. Cracher dans un masque n’est pas très esthétique mais c'est incontournable si l’on veut éviter
les frustrations d’une buée aveuglante.
Alors je me plie à ce cérémonial et j’étale un filet de salive sur la vitre du masque avant de le positionner délicatement sur mon visage.
Enfin, je m’immerge… J’aime la première apnée, celle où l’eau inonde mes oreilles, m’aspire dans son silence, celle où mes yeux se fixent sur les fonds comme sur des rails, pendant que mon esprit
vagabonde, celle où le grain de ma peau change doucement en réponse à la fraîcheur du liquide qui s’écoule à son contact.
J’aime prolonger cette première apnée, à la limite de ma résistance, m’enivrer de ce moment solitaire, tenter de lui donner des allures d’éternité.
Puis, je réapparais à la surface, les poumons avides du gaz terrestre.
Je pars alors au large, ma seule limite est d’en apercevoir le fond afin de pouvoir observer ses reliefs, ses failles, ses rochers et ses habitants.
J'ajuste ma vitesse et ma respiration m’affranchissant de tout ce qui pourrait nuire à ma "méditation" pendant ce moment où je libère mon esprit.
Et je nage 1 km, parfois plus.
Ce pur instant est indéfinissable tant l’acuité avec laquelle les choses m'apparaissent est précise.
J’abandonne mon corps et ses bras qui s’enroulent et se déplient avec la cadence précise d'une mécanique d’horlogerie et je pars en voyage au fin fond de moi allant gratter les secrets de
l'inconscience, ce millefeuille que je convoite avec gourmandise.
J’y vois des choses simples, tellement évidentes quand on prend le temps de regarder.
Et la perversité dans tout ça, me direz-vous ?
Je pourrais vous dire que s’immerger dans la transgression d’un interdit, en compagnie de celle qui vous inspire est tout aussi enivrant que plonger dans cette mer
originelle.
Je préfère un aveu.
Au cours de ces instants d’éternité où mon esprit s’échappe, bercé par l’apaisement des flots, il lui arrive assez fréquemment d’aller s’ancrer irréversiblement sur l’image d’un fessier, d’une
cambrure ou d’une croupe délicieuse.
Je nage alors avec une idée fixe et les poissons s’émerveillent de mes yeux hallucinés par l’image mentale de « cette terre promise ».
Et je joins l’utile à l’agréable car…
.... quand mon esprit s’échoue sur la possibilité d'une île enchanteresse capable de déboussoler bien des navires et de jeter à l’eau les marins les plus aguerris, je sens pointer entre mes
cuisses, une dérive (j’ai évité de dire « quille », restons modeste !) qui me permet tel un safran magnifique de contrôler avec précision ma trajectoire.
Vous auriez dû le dire que votre blog était de préférence à consulter par des lecteurs habitant en bord de mer. Je suis grippée, ça m'a sappé le moral, et en plus chez moi , bien mais alors très bien même à l'intérieur des terres(des champs et tout,oui ,oui ,oui), la seule eau dans laquelle je plonge est celle de mon bain.(mais j'y mets des "trucs")
Bon , je vous pardonne (encore!), parce que voyez vous, finalement, je vous ai relu et , ça m'a calmé! Et c'était beau.
Non , je ne vous trouve pas excessif.
Commentaire n°1
posté par
angie
le 17/01/2009 à 13h04
L'eau, la mer ou l'océan n'est jamais loin...
Certains sont plus montagne, moi, c'est le grand bleu qui m'équilibre... un reformatage salutaire que les bugs deviennent "affaires courantes" ^ ^
excessif ... en quoi ?
heureusement que ces moments où l'on se retrouve existent... heureusement ...
moi aussi l'eau ... du bain... de la piscine !
J-23 (curiosité)
Commentaire n°2
posté par
Lsingulière
le 17/01/2009 à 13h48
vous aimez les jeux d'eau alors... et que pensez vous des jeux d'O ? ;-)
Je ne vous trouve pas excessif mais très privilégié
Il fait -33 de l'autre côté de l'océan depuis plusieurs jours
Commentaire n°3
posté par
Capri
le 17/01/2009 à 14h21
- 33°C, le canada avec, en autres, ses amplitudes de température (-35/+35) est un pays extraordinaire... "je me souviens"
Je me souviens de Tadoussac et d'une rencontre avec un béluga aux éclats surnaturels...
-33°C, une température à ne pas mettre une fesse dehors... ;-)
Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis !
...
Je sais ta mer. Je la partage et m'évanouis, aussi.
Commentaire n°4
posté par
Arthémisia
le 17/01/2009 à 18h07
et aurais-tu croqué ou mis en couleur... un morceau de cet Eden irisé...? ^ ^
le loup avoue, avoue... je crois qu'il porte bien haut l'étendard de ses rêveries... ^ ^
la tête dans le sable et les yeux dans les étoiles mais sans non plus s'apparenter à une "huître" ! ;-) (PJ)
Quel savant mélange de sensations. Excitante sérénité ou tout simplement ivresse des profondeurs ?
C'est drôle, ça me fait penser à un billet sur lequel je "brouillonne" en ce moment :-)
Commentaire n°6
posté par
Le Gabian
le 17/01/2009 à 21h30
Il me tarde de découvrir l'aboutissement de vos "brouillonnages" ^ ^
Il faudra aussi m'expliquer pour "Le Gabian"...
Excessif ? je ne sais si le qualificatif convient... mais la magie de l'instant n'exigeait aucune perversité...
Commentaire n°8
posté par
Elle
le 18/01/2009 à 13h03
Vous avez raison...
ce n'est pas le meilleur des qualificatifs.... que diriez -vous?
Je reviens de chez vous... grand sourire, il va falloir qu'on en discute...
Que ce soit des billets sur le sexe ou pas, tu as vraiment le don, par ton écriture, de nous immerger (sans jeu de mots) dans un univers d'images et de sensations.
J'y étais, en te lisant, avec les petits poissons, l'eau qui soulève les cheveux et rentre dans les oreilles !
Merci pour ce billet rafraîchissant ;o)
Bises de papillon
Merci... je suis ravi de ce compliment venant d'un papillon hédoniste... ^ ^
aimes-tu aussi la douceur de l'eau qui glisse sur la peau et 'encontonne' les tympans?
Pour un peu on viendrait se baigner à vos côtés...
Ceci étant dit, je ressens la même chose à la piscine, la possibilité de se vider la tête tout en laissant l'eau glisser sur son corps...
venez, nous comparerons nos crawls, j'ai noté que le votre était souple, ample et sans à-coups...
le premier sur l'ile d'en face gagne la manche et forcément le droit d'impose une exigence à l'autre ^ ^
Oserais-je vous dire que vous vous trompez... car 'amusée' n'est pas le qualificatif qui conviendrait si vous débarquiez chez moi, halluciné... soupir...
Commentaire n°14
posté par
Elle
le 18/01/2009 à 17h21
Pourtant, tout à l'heure... j'étais quelque peu "surpris" en arrivant dans votre antre... et ma tête vous aurait fait sans doute sourire ^ ^
Oui et nager nue quand c'est possible... C'est fou comme des petits bouts de tissus peuvent fausser certaines sensations.
(ps : j'ai un peur dans l'eau quand même...)
re-Bises de papillon
Tiens donc... un loup de mer... :-)
Ha, le plaisir du premier bain de l' année, dans une eau à peine réchauffée par les 1ers rayons d' un soleil encore timide...
En cas d' hydrocution, n' ayez crainte: j' ai mon brevet de maîtresse-nageuse ;-)
J'ai toujours été fasciné par les nageuses... j'aime les voir glisser dans l'eau... le suivre de prêt dans leur sillage... les yeux en amour...
ET.... les voir sortir de l'eau et passer de l'ombre à la lumière en présentant naturellement leurs courbes convoitées, me fait boire la tasse... vite un sauveteur ! ;-)
Ah mais c'est que je ne vais pas commencer à dévoiler ma propre face cachée à la face du net, tout de même !
En même temps, bon, l'histoire n'a rien de fascinant ;-P
Commentaire n°20
posté par
Le Gabian
le 18/01/2009 à 20h53
Se laisser porte par la rêverie devant ma belle Méditerranée, laisser l'eau gourmande lécher mes chevilles puis me faire frissonner, de plus en plus haut... je ne pourrais m'éloigner trop longtemps d'un rivage, peut-être un syndrome récessif (les eaux primordiales) ou bien le poids de mes racines. Je ne retrouve ce double sentiment de paix et d'exaltation qu'ici, ou face à l'océan aussi, celui que j'apprivoise.
Excessif, vous ? Allons donc !!! ;-)
Commentaire n°22
posté par
Cara Mia
le 18/01/2009 à 23h52
Ma belle...ma belle... vous me semblez bien posséssive ;-)
Faudra m'en laisser un morceaux, je réclame la presqu'ile de giens ! et les îles d'en face !
Voilà une question à laquelle je ne peux répondre: car pour savoir si vous êtes excessif, il faudrait pouvoir juger sur pièce! :o)
Pardonnez moi, mais une image m'est apparue en lisant votre description de la pénétration...dans l'eau, bien sûr! Celle de Clavier dans les bronzés , lorsqu'il entre dans l'eau avec son string!
Mais soyez rassuré; très vite, la sensualité de votre récit a pris le dessus.
Belle évocation. Mais ne vivant pas moi-même en bord de mer, pendant des années, je n'ai connu de la méditerranée que les côtes surpeuplées...et comme je suis très sauvage, j'ai fuit ce rivage là. Les cris, les rires gras, le sable dans les yeux...très peu pour moi! Et en mer, il me faut l'admettre, je nage comme une pierre.
Alors je l'ai traversée, en bateau, et j'ai découvert des criques, aussi sauvages que moi, des plages secrètes, à 1 heure de marche à travers le maquis, et j'ai apprivoisé l'eau, un peu. Et puis surtout, j'ai aimé les couleurs! Comme celles des rochers rouges et ocres des calanches plongeant dans les eaux émeraude de la Scandola au soleil couchant... Emue par tant de beauté, il m'arrive de me sentir "animal" et de revenir à des instincts primaires.
Alors je comprends votre sensation de plénitude et votre approche très sensuelle de la mer!
Commentaire n°23
posté par
Chimeres
le 19/01/2009 à 08h16
Je vois que nous avons les mêmes références cinématographiques... et merci pour la comparaison ! vous êtes une vilaine, vous savez?
Oui la corse est magnifique...mais les calanques de Cassis sont pas mal du tout... et la presqu'ile de giens est un petit paradis.
Ceci dit, j'essaye de vous imaginer comme un petit animal aux instincts primaires et moi, ce n'est pas Christian Clavier dans l'eau que je "vois".... (grand sourire)
Mais j'ai beaucoup trop d'imagination allez-vous me dire ! ^ ^
Pas du tout excessif ! En ce matin où je récupère, je bossais ce WE, ne travaillant que cet aprèm', je vous lis comme souvent mais là je prends le temps de commenter sur ce billet !
Pas du tout excessif !
Et votre billet m'a fait penser à Christophe Colomb, un "navigateur" d'un autre genre, qui a dit, sans doute en pensant à ses rêves à lui : "Un jour, la mer apportera aux hommes des raisons d'espérer, comme le sommeil apporte son cortège de rêve."
Je rêve aussi, et même de plus en souvent éveillé. Bonne journée à vous. Amitiés.
Commentaire n°25
posté par
Valmont
le 19/01/2009 à 10h25
Très belle image et quelle référence:les grands explorateurs !
Je suis ravi de vous trouver ici, Cher valmont, vous êtes un rêveur et c'est un trait que nous partageons.
La mer me calme, me nourrit, m'apaise, me berce... elle me reformate et me met en face de l'évidence...
Il n'y a qu'à s'asseoir et regarder, le temps qu'il faut pour que l'inutile décante et qu'il ne reste plus que la clarté de l'essentiel... pure comme de l'eau.
voilà encore un billet qui me permet de sourire avec délectation, j'aime beaucoup le mélange d'humour, de réflexion et d'érotisme mêlés en phrases bien distillées.
Je ne peux que t'encourager à aller dans les lagons de l'île papillon que j'adore par dessus tout à savoir la Guadeloupe (tu auras peut être remarqué sur mon blog que je vis une histoire d'amour avec elle), là bas, l'eau est translucide, délicieusement chaude, les coraux et les poissons multicolores sont des merveilles de la nature et des belles cambrures je peux t'assurer qu'il y en a beaucoup.
plein de baisers
Armandie
Commentaire n°33
posté par
armandie
le 21/01/2009 à 12h13
La Guadeloupe est magnifique.
J'ai des attaches en polynésie et aussi à la réunion, des endroits superbes, des paradis terrestres, des lagons d'Eden (bora bora)...
Imaginez qu'il y a bien des années j'ai fait mon baptême de plonger à Bora...je reviens en france, bien décidé à passer mes niveaux et là.... 1 an de piscine à arpenter les fond carrelés ;-)
état de choc !
Vu de mon openspace, la plage est encore loin hélas ...
La perversité de cette motivation qui vous oblige à imaginer une île enchanteresse à l'allure de croupe délicieuse est une sorte de carotte agitée au bout de votre nez !
Mais cette carotte qui devient quille, ne vous freine-t-elle pas dans votre dérive ?... ;)
Commentaire n°34
posté par
Philippe
le 21/01/2009 à 13h27
A la lecture de ce que vous écrivez et devant la pertinence de ce que vous exposez, je me dis que vous avez, c'est sur, vous aussi déjà expérimenté cette
'dérive' incontrôlable due à cet appendice quand il se redresse, et qui nous amène (vous le savez) à 'déraper' ou prendre des trajectoires parfois 'regrettables"... quoique ;-)
L'eau apaise les âmes...s'immerger dans les flots c'est un peu comme oublier son corps et revenir à des pensées profondes. Je nage 1km chaque fois que je peux, je ne connais rien de meilleur pour la tête. Et je crache aussi dans mon masque...ok pas sexy mais bon ;-))
Choupa
L'eau...
Douce, délicate, torentielle parfois, ivresque toujours.
Dites moi, prendriez vous la main d'une sirène pour la suivre, loin...loin... dans le voyage des sens?
C.
Commentaire n°37
posté par
C.
le 02/02/2009 à 00h52
L'eau est mon élément, la mer ma nécessité....
et j'ai un faible pour le champ des sirènes ^ ^ elles me font hurler d'aise...
mheu ouiii !, seul survivant sur ce blog, mon île, avec
mesEnVies raisonnablement déraisonnables, mes confidences insoupconnables
et ma crise existentielle...
Certains sont plus montagne, moi, c'est le grand bleu qui m'équilibre... un reformatage salutaire que les bugs deviennent "affaires courantes" ^ ^
Je me souviens de Tadoussac et d'une rencontre avec un béluga aux éclats surnaturels...
-33°C, une température à ne pas mettre une fesse dehors... ;-)
la tête dans le sable et les yeux dans les étoiles mais sans non plus s'apparenter à une "huître" ! ;-) (PJ)
Il faudra aussi m'expliquer pour "Le Gabian"...
Ravi de vous voir repointer le bout de votre nez...^ ^
(curieuse en plus..)
ce n'est pas le meilleur des qualificatifs.... que diriez -vous?
Je reviens de chez vous... grand sourire, il va falloir qu'on en discute...
Alors je vous rappelle que je ne le dirai qu'à ceux qui trouvent... ;-)
je me trompe?
aimes-tu aussi la douceur de l'eau qui glisse sur la peau et 'encontonne' les tympans?
le premier sur l'ile d'en face gagne la manche et forcément le droit d'impose une exigence à l'autre ^ ^
Parce que j'ai à en subir les cris et les déjections... ;-)
ET.... les voir sortir de l'eau et passer de l'ombre à la lumière en présentant naturellement leurs courbes convoitées, me fait boire la tasse... vite un sauveteur ! ;-)
Faudra m'en laisser un morceaux, je réclame la presqu'ile de giens ! et les îles d'en face !
Oui la corse est magnifique...mais les calanques de Cassis sont pas mal du tout... et la presqu'ile de giens est un petit paradis.
Ceci dit, j'essaye de vous imaginer comme un petit animal aux instincts primaires et moi, ce n'est pas Christian Clavier dans l'eau que je "vois".... (grand sourire)
Mais j'ai beaucoup trop d'imagination allez-vous me dire ! ^ ^
Je suis ravi de vous trouver ici, Cher valmont, vous êtes un rêveur et c'est un trait que nous partageons.
La mer me calme, me nourrit, m'apaise, me berce... elle me reformate et me met en face de l'évidence...
Il n'y a qu'à s'asseoir et regarder, le temps qu'il faut pour que l'inutile décante et qu'il ne reste plus que la clarté de l'essentiel... pure comme de l'eau.
(j'ai détesté le bouquin moi aussi...)
J'ai des attaches en polynésie et aussi à la réunion, des endroits superbes, des paradis terrestres, des lagons d'Eden (bora bora)...
Imaginez qu'il y a bien des années j'ai fait mon baptême de plonger à Bora...je reviens en france, bien décidé à passer mes niveaux et là.... 1 an de piscine à arpenter les fond carrelés ;-)
état de choc !
et j'ai un faible pour le champ des sirènes ^ ^ elles me font hurler d'aise...